Retrait des États-Unis de l’Accord de Paris : l’avenir de la planète menacé par l’irresponsabilité de Donald Trump

Le président américain Donald Trump a annoncé ce soir son intention de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris. Pour rappel, cet accord, signé en décembre 2015 lors de la COP21 après de longues négociations, vise à contenir la hausse de la température mondiale sous la barre des 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Cet accord se base sur des plans volontaires de chaque État. Il ne prévoit cependant pas de sanction en cas de non-respect.

Donald Trump avait annoncé sa volonté de se retirer de cet accord au cours de sa campagne électorale. Après plusieurs semaines d’hésitation, il a confirmé ce soir cette décision que beaucoup, avec raison, redoutaient. Je tiens ici à la condamner fermement.

Les États-Unis étant un des plus gros producteurs d’émissions de gaz à effet de serre (avec 15% des émissions totales), c’est l’ensemble du combat contre le réchauffement climatique qui est mis à mal. 196 États ont signé l’Accord de Paris et se sont engagés à poursuivre ses objectifs, au nom de la préservation de la planète pour les générations à venir. Seuls la Syrie et le Nicaragua ne l’avaient pas signé. Ils sont à présent rejoints par les États-Unis.

Cette décision, irresponsable et inconsciente, est consternante et dangereuse. Dans le monde entier, les réactions se sont d’ailleurs multipliées ces derniers jours, face à l’imminence et la probabilité de cette annonce. Nicolas Hulot, Ministre français de la transition écologique, a qualifié cette probable décision de « contresens tragique de l’histoire ». Il avait déjà, il y a plusieurs semaines, estimé qu’elle constituerait un « véritable bras d’honneur (…) fait à nos enfants. » Il avait également déclaré que « si un jour la notion d’écocide est reconnue en droit international, Donald Trump sera coupable de crimes contre l’humanité ».

Comme nous le rappelle Pascal van Ypersele, professeur de climatologie à l’UCL et ancien vice-président du GIEC, sortir de l’accord de Paris n’est pas très intelligent. En effet, le retrait des USA de cet accord l’empêche d’avoir voix au chapitre dans les discussions futures, alors même que le non-respect des objectifs n’aurait pas appelé de sanctions.

Donald Trump a donc préféré hypothéquer l’avenir de la planète au profit des intérêts industriels à court terme de son pays. Il condamne ainsi les États-Unis à rester bloqués dans l’économie carbonée du passé, et amenuise les chances de la communauté internationale d’atteindre les objectifs climatiques décidés en décembre 2015. Il ne mérite dès lors qu’une déchéance planétaire.

Cette décision ne nous empêchera cependant pas de continuer notre effort collectif, indispensable pour les générations futures. Ainsi, la Chine, l’Inde et l’Europe ont déjà annoncé qu’elles poursuivraient leurs efforts.

De son côté, la Wallonie poursuit ce combat qu’elle a engagé il y a de nombreuses années déjà et prend pleinement sa part de responsabilité. Le Plan Air-Climat-Energie 2016-2022, adopté en avril 2016, met en œuvre avec ambition les mesures nécessaires à la poursuite des objectifs climatiques.

Je tiens également à rappeler que contrairement à ce que prétend M. Trump, la transition vers une économie décarbonée est une opportunité pour nos emplois et nos entreprises. Elle entraîne la création de nombreux postes dans le secteur énergétique et amorce le passage vers une économie circulaire durable.

Menacer la planète, c’est trahir l’humanité.

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